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Transitions 2050 (ADEME)



À l’opposé des risques d’effondrement dont les callapsologues gratifient notre société industrielle, force est de constater que l’année 2021 nous montre des chemins porteurs d’espoir, avec pas moins de trois études (Réseau de transport d'électricité -RTE; Transitions 2050 de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie -ADEME; scénario négaWatt de l’association éponyme) comportant le plus souvent de nombreux scénarios [1], sans oublier le plan de transformation de l’économie française du laboratoire d’idée The Shift Project [2]. Cela est le signe encourageant d’une société française mûre, qui est prête à relever les lourds défis de la décarbonation qu’il ne conviendrait pas de sous-estimer, car la tâche est assurément ardue.

Nous avons déjà évoqué les scénarios de RTE, qui conduisent à « augmenter la part de l’électricité dans nos usages, pour se substituer aux énergies fossiles », comme le reconnaît France Nature Environnement [1]. RTE, de façon bien compréhensible eu égard à son domaine d’activité, se contente d’étudier la société sous l’angle de la production et de consommation d’électricité. Les scénarios de l’ADEME s’avèrent sociologiquement beaucoup plus riches, car ils intéressent l’entièreté de la société française. Ils sont au nombre de quatre et portent les noms évocateurs de « sobriété frugale », « coopérations territoriales », « technologies vertes » et « pari technologique » [3].

D’un point de vue des transports, sujet qui nous tient à cœur, les deux premiers scénarios de l’ADEME « sobriété frugale » et « coopérations territoriales » voient une diminution importante du volume de transport, et connaissent une augmentation marquée de la part modale des mobilités actives. Dans les zones périurbaines et rurales, le covoiturage se développe notablement, alors que la voiture électrique ne fait que remplacer la voiture thermique dans les deux derniers scénarios « technologies vertes » et « pari technologique ». Reconnaissons que le scénario « technologies vertes » prévoit un développement appréciable du vélo en ville, avec un report modal qui ne concerne toutefois que les déplacement urbains et interurbains. En résumé, le développement du covoiturage et des modes alternatifs à l’autosolisme dans les zones de moyenne à faible densité apparaît dans deux scénarios sur quatre, quand trois scénarios sur quatre prévoient la baisse de la voiture en ville.

Bref, l’ADEME nous place devant des choix à faire, sachant que la réussite de la décarbonation requiert des technologies qui sont de moins en moins maîtrisées au fur et à mesure que l’option retenue se déplace du scénario « sobriété frugale » vers le scénario « pari technologique ». Il est utile ici de rappeler les conclusions d’un rapport sénatorial de 2021 selon lequel « […] il convient de socialiser pour partie [la] pratique [de la voiture] en partageant sous différents modes son usage, qu'il s'agisse de transports à la demande, d'autopartage ou de la promesse des nouvelles pratiques du covoiturage [sur] courte distance […] » [4]. La prudence, pour maintes raisons, commanderait de nous ranger à l’avis du sénat, et de réduire la part de la voiture en ville, mais aussi à la campagne. Cela constitue un choix de société, au sens noble du terme.

[1] Des scénarios énergétiques pour éclairer les choix à venir
[2] Plan de transformation de l'économie française 
[3] Transitions 2050 voir p. 172-230
[4] Rapport sénatorial


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